Machines célibataires Éditions Macula

Machines célibataires


En librairies le 22 mai 2026

« L’homme voudrait être n’importe qui, sauf un simple être humain. »
Georg Groddeck, Le Livre du Ça, 1923

Les « Machines célibataires » de Marcel Duchamp ont vite échappé à leur auteur pour se transformer en un mythe moderne où s’entrelacent art, sexualité et technologie. Associées à la stérilité et au refus de la procréation, elles n’écartent pas pour autant d’autres formes de reproduction, à travers des fantasmes d’autogenèse ou d’engendrement artificiel, où la science et la technique se rendront capables de créer des êtres supérieurs et établiront un monde qu’aucune création n’a maculé. Tout un imaginaire de la filiation adhère aux machines célibataires, comme le montre la vaste famille d’enfants nés sans mère et de leurs parents mécaniques surgis dans le contexte des avant-gardes du XXe siècle, futurisme, dadaïsme, surréalisme et pop art, jusqu’au tournant du posthumain dont témoigne l’art contemporain.

À la croisée de l’histoire de l’art et des idées, du « merveilleux-scientifique » et de la science-fiction, Arnauld Pierre dissèque les mythes de naissance d’une humanité hybridée avec ses machines et scrute à travers ses manifestations artistiques l’avènement d’un surhomme technologique, un posthumain augmenté et amplifié, qui s’enorgueillit d’avoir été fabriqué plutôt qu’engendré. Avec cet ouvrage richement illustré (près de 280 images), l’auteur plonge dans les ressorts de ce désir récurrent d’être mieux qu’humain, qui se manifeste par excellence dans ce que l’on nomme aujourd’hui le transhumanisme.

Arnauld Pierre est historien de l’art, critique et commissaire d’exposition, professeur à Sorbonne Université et chercheur au Centre André-Chastel, Paris. Il a publié de nombreux textes et ouvrages consacrés à l’ère des avant-gardes et l’abstraction, à l’après-guerre et l’art optico-cinétique, parmi lesquels : Maternités cosmiques. La recherche des origines, de Kupka à Kubrick (Hazan, 2010) ; Futur antérieur. Art contemporain et rétrocipation (M19, 2012) et, aux Éditions Macula, Magic Moirés. Gerald Oster et l’art des moirages (2022).


Transbordeur – photographie histoire société, n° 3


Entretien avec Joanna Schaffter au sujet de Transbordeur

Transbordeur est une revue d’histoire de la photographie, publiée par les éditions Macula sous la direction de Christian Joschke et Olivier Lugon, qui a pour ambition de montrer la place de la photographie dans toutes les activités de la société, d’analyser comment elle a transformé en profondeur notre rapport au monde.
Le dossier de ce troisième numéro s’intitule « Câble, copie, code. Photographie et technologies de l’information ». La photographie a été amenée à dépasser l’opération élémentaire d’enregistrement du monde pour devenir un médium englobant à la fois l’enregistrement de l’image et le traitement des données relatives à celle-ci. Son statut s’en est trouvé profondément redéfini : de surface servant de support matériel à l’image, la photographie est devenue interface à travers laquelle cette même image se trouve non seulement fixée, mais encore augmentée de toutes sortes de renseignements chronologiques, géographiques, techniques… Ce dossier s’avère essentiel pour saisir les fondements de la « société de l’information » contemporaine et des digital humanities.
Ce troisième numéro de Transbordeur regroupe une quinzaine d’articles composant un volume de 240 pages richement illustré. Il est divisé en quatre sections : un dossier thématique – Photographie et technologies de l’information – regroupant neuf études ; une section « collections » où sont décrits et analysés succinctement des fonds photographiques ; une sélection d’articles libres (varia), faisant une large place aux traductions de textes de chercheurs internationaux ; une section « lectures », consacrée à des comptes rendus d’ouvrages.

Direction de publication
Ch. Joschke et O. Lugon

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