Clisthène l’Athénien Éditions Macula

Clisthène l’Athénien


En 507-506, Clisthène, membre de la grande famille des Alcméonides, venu au pouvoir avec l’aide du peuple, remanie de fond en comble les instructions de la cité d’Athènes. Ce remaniement s’inscrit dans l’espace, devenu civique. Il s’inscrit dans le temps : le temps de la cité désormais distinct du calendrier religieux. Les vieilles tribus, sans disparaître, perdent toute portée politique. Les Athéniens sont groupés en dix tribus nouvelles qui effacent les appartenances anciennes et se répartissent équitablement dans l’espace de la ville, de la côte et de l’intérieur.

Cette grande réforme qui marque le début, sinon du mot démocratie – il n’existe pas encore –, du moins de la pratique du Gouvernement populaire, les auteurs de ce livre l’ont vue à la fois comme un acte politique et comme un acte intellectuel. Ils en ont cherché l’origine dans les débuts de la philosophie grecque, elle-même née, au moins pour une part, d’une réflexion sur la cité. Ils en ont cherché les modèles, notamment dans les fondations coloniales. Ils ont montré comment l’esprit géométrique pouvait envahir la géographie, la sculpture et la politique, inspirer en même temps le pythagorisme et la réforme clisthénienne. Enfin, ils ont étudié le prolongement de cette révolution à travers un siècle et demi d’histoire grecque et athénienne, montrant comment elle a modifié les pratiques sociales et inspiré les penseurs, jusqu’à la mort de Platon.


La Tradition orientale dans la culture grecque


Quatre essais composent cet ouvrage :
– le premier, «Traits orientalisants chez Homère », aborde nombre de points communs entre Homère et des textes orientaux – égyptiens, mais surtout babyloniens – et montre ce que l’étude des sources orientales peut apporter à la compréhension des plus anciennes épopées grecques ;
– le deuxième, « Cosmogonies grecques et orientales », confronte les constructions des philosophes présocratiques à leurs prototypes orientaux ;
– le troisième, « L’Orphisme redécouvert », fait le point sur les progrès de notre connaissance de l’orphisme grâce aux dernières lectures du papyrus de Derveni – encore partiellement inédit – et aux récentes découvertes de lamelles et plaques qu’on peut qualifier d’« orphiques », aussi bien en Thessalie qu’en Crète ou en Italie méridionale. Les spéculations qu’on y découvre nous amènent à prendre en considération l’arrière-plan multiculturel auquel contribuent l’Asie Mineure, l’Égypte et le monde iranien ;
– le quatrième, intitulé « L’Avènement des mages », porte sur la composante iranienne de cet arrière-plan multiculturel. L’apparition du mot «mage» dans la sixième colonne du papyrus de Derveni fournit l’occasion de montrer comment des doctrines et pratiques iraniennes ont pu influencer certains courants religieux et philosophiques grecs.

Savant de renommée international, Walter Burkert, né en 1931, a enseigné la philosophie classique; il est depuis 1996 professeur émérite d’histoire des religions et de philosophie grecque à l’université de Zurich. Il est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux des mythes et des religions de l’Antiquité.