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Page à la main


En librairies le 19 juin 2026

La parution de cet ouvrage est accompagnée d’une exposition en trois chapitres, Lucinda Childs – Danser page à la main au Frac Bretagne (30.01-24.05.2026), au Frac Franche-Comté (12.06.2026-10.01.2027) et au Centre d’art Le Lait, Albi (21.11.2026-07.03.2027).

Lucinda Childs, figure majeure de la danse aux XXe et XXIe siècles, participe au début des années 1960 à la fondation du Judson Dance Theater, célèbre collectif qui renouvelle les pratiques artistiques à New York. Avec sa compagnie créée en 1973, elle devient l’une des cheffes de file de la danse minimale et postmoderne, tout en collaborant à partir des années 1980 avec les plus importantes compagnies de ballet en Europe et aux États-Unis.

Dans le processus de création que Lucinda Childs met en œuvre, l’écriture et la lecture jouent un rôle déterminant, que ce soit lorsqu’elle conçoit ses chorégraphies ou pour les transmettre à ses danseurs. En résultent des archives faites de notes de chorégraphie, de partitions, de diagrammes et de conducteurs. En étudiant ces fascinants artefacts graphiques et les pratiques de danse qui les ont produits, Lou Forster met en évidence un geste technique singulier : danser page à la main. Celui-ci se trouve au fondement de l’approche de Lucinda Childs comme de certaines des avant-gardes.

Dans cette monographie de référence, l’œuvre de la chorégraphe se trouve ainsi replacée au sein de l’histoire connectée des modernités. Les formes de lire-écrire développées par Rudolf Laban, John Cage et Merce Cunningham, en passant par l’art minimal et conceptuel, permettent de contester les hiérarchies et le cloisonnement des disciplines. L’approche postmoderniste de Childs constitue l’un des développements contemporains les plus marquants de ce projet au long cours.

Commissaire d’exposition, dramaturge et docteur en histoire de l’art, Lou Forster travaille au croisement des arts visuels, de la danse et des sciences humaines et sociales. Il est à l’initiative d’un chantier d’envergure qui a permis de redécouvrir l’œuvre graphique de Lucinda Childs. Il est chercheur associé au Centre de recherches sur les arts et le langage à l’École des hautes études en sciences sociales et directeur du département patrimoine, audiovisuel et éditions du Centre national de la danse.


Cinéma absolu. Avant-garde 1920-1930


Édition | METTRAY éditions
Diffusion | Éditions Macula

Années folles : Marcel Duchamp, László Moholy-Nagy, Luis Buñuel, Hans Richter, Fernand Léger, Francis Picabia, Len Lye, Man Ray, Walter Ruttmann, Dziga Vertov et bien d’autres se révoltent. Le cinéma, pensent-ils, ne peut être réduit à une technique servant à capturer le réel à des fins documentaires ou à raconter de jolies histoires soumises aux contraintes de l’industrie hollywoodienne. Ils s’emparent donc de la caméra pour faire du 7e art un chantier d’expériences, faisant écho aux autres avant-gardes artistiques du début du XXe siècle. Le cinéma se fait ainsi tour à tour ou en même temps futuriste, cubiste, dadaïste, constructiviste, abstrait, surréaliste… Avec la liberté comme exigence, ces artistes-cinéastes venus le plus souvent des arts plastiques (et qui sont donc rarement des «professionnels de la profession») entendent explorer toutes les possibilités offertes par le cinématographe afin d’éprouver de nouvelles façons de voir et de penser les images.

Se trouve par exemple remise en cause (comme chez les peintres) la perspective monoculaire ou la délimitation orthogonale de l’écran. Des procédures inédites sont explorées : intervention directe sur le support-pellicule, montage très court au photogramme près, invention de nouveaux dispositifs de projection, appel à la participation du spectateur… La division du travail si importante dans l’industrie cinématographique est ici rejetée au bénéfice du seul projet de l’artiste. Ces expériences exceptionnelles et si mal connues ont bénéficié du soutien enthousiaste et parfois de la collaboration de quantité d’acteurs importants des avant-gardes, qu’ils soient reconnus comme poètes (Artaud, Maïakovski, Desnos, Cravan, Fondane, Tzara…), peintres (Malévitch, Van Doesburg, Rodtchenko, Magritte, Eggeling, Szczuka, Hausmann…), musiciens (Satie, Antheil, Avraamov…), danseurs (les Ballets suédois), ou encore architectes (Mallet-Stevens, Kiesler).

Cet ouvrage entend analyser les trajectoires singulières qui ont conduit ces artistes vers le cinéma, autour des dimensions qui le caractérisent et qui minorent le prétexte narratif : le mouvement, la lumière, la machine. Sont donc convoquées, par exemple, les discussions autour de Bergson et Marey sur la nature (continu/discontinu) du mouvement. Les vifs débats esthétiques et politiques que ces films initient, entre l’exaltation des formes nouvelles et l’appel à de nouvelles formes de vie, conduisent ici à une réévaluation stimulante des notions d’avant-garde et d’expérimentation.

On comprend que cette histoire, qui s’appuie sur des questions jamais abordées dans le cadre du cinéma de fiction, résonne avec le plus vif de l’art contemporain, et reste fondamentale pour la compréhension du cinéma expérimental d’aujourd’hui.

Patrick de Haas, après en avoir publié une première approche en 1985, donne ici l’ouvrage vraisemblablement le plus complet sur le sujet. Il a enseigné l’histoire de l’art contemporain et l’histoire du cinéma expérimental à l’Université Paris-1 (Panthéon-Sorbonne). Particulièrement intéressé par les avant-gardes, il a notamment publié des textes consacrés à Man Ray, Marcel Duchamp, Andy Warhol.