Erich Auerbach, Marc de Launay, Diane Meur
Figura
La Loi juive et la Promesse chrétienne
Collection : Argô
140 pages
index
16 illustrations noir et blanc
format 19,5 x 13 cm
16.00 €
ISBN 978-2-86589-098-9
ISSN 1271-9536
1re édition : 2003
2e édition : 2017
Auteurs :
Erich Auerbach, Marc de Launay, Diane Meur
Traducteur :
Diane Meur
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« On appelle en termes de théologie figure les prophéties ou mystères qui nous ont été annoncés ou représentés obscurément sous certaines choses ou actions du Vieux Testament. »
Furetière, Dictionnaire universel, 1690

« Que doit-on attendre des effets ultérieurs d’une religion qui, dans les siècles où elle fut fondée, s’est livrée à une bouffonnerie philologique inouïe sur l’Ancien Testament : je parle de la tentative d’escamoter aux juifs, sous leur nez, l’Ancien Testament, en prétendant qu’il ne contient que des enseignements chrétiens et qu’il appartient aux chrétiens en tant qu’ils seraient le véritable peuple d’Israël – alors que les juifs n’auraient fait que se l’arroger. […]  Les savants juifs avaient beau protester, il devait, dans l’Ancien Testament, être partout où il était question d’un morceau de bois, d’une verge, d’une échelle, d’un rameau, d’un arbre, d’un saule, d’un bâton, cela devait être une prophétie du bois de la croix. »
Nietzsche, Aurore, 1881.

Dans Figura, Erich Auerbach, le grand historien allemand des idées et des formes littéraires, ami de Walter Benjamin et d’Ernst Bloch, entreprend d’éclairer « la conception figurative, fondement général de l’historiographie médiévale ». Il en trace l’histoire depuis Lucrèce jusqu’à Dante. Ce texte, publié en 1938, que Carlo Ginzburg tiendra pour « l’essai fondamental d’Erich Auerbach » et le noyau originel de son œuvre, décrit minutieusement le mécanisme par lequel Paul et les Pères de l’église ont entrepris de « dépouiller l’Ancien Testament de son caractère normatif et de n’en faire que l’ombre des choses à venir ». Dès lors, « les épisodes les plus cruciaux, les rituels et les lois les plus saints [du judaïsme] ne sont plus que des formes provisoires, des préfigurations du Christ et de l’évangile ».

Erich Auerbach (1892-1957) s’inscrit dans la grande tradition des études romanes européennes, aux côtés de Leo Spitzer et d’Ernst Robert Curtius. Professeur de philologie à l’université de Marburg, destitué par les nazis en 1935, il se réfugie en Turquie où il écrit Mimésis, la représentation de la réalité dans la littérature occidentale (Gallimard, 1968) –  avant de poursuivre sa carrière universitaire aux États-Unis, de 1947 à 1957. Deux autres ouvrages d’Erich Auerbach sont traduits aux éditions Macula : Le Culte des passions. Essais sur le XVIIe siècle français (1998) et les Écrits sur Dante (1999).